PHILOSOPHIE DES RÉSEAUX

06 May 2016
11:15 - 11:40
Grande Salle

PHILOSOPHIE DES RÉSEAUX

Humanités Digitales : un essai sur la philosophie des réseaux

Plus que jamais au jour du i (au jour d’une information omniprésente et d’un sujet JE exacerbé par ses interactions aux réseaux), ces nouveaux mondes liés aux technologies numériques questionnent en profondeur nos relations humaines. Espaces immersifs, hybridations homme / machine, interfaces sensorielles, génétique… notre civilisation actuelle n’a peut-être jamais été aussi rapidement bouleversée dans ses fondements historiques, économiques, géo-politiques et esthétiques. De fait, ces appareillages bio-technologiques couplés à une mondialisation galopante accélérant encore une perte de repères inévitable comme une porosité des frontières, nous obligent à repenser de nouvelles humanités* digitales, ce que j’appellerai en quelque sorte une philosophie des réseaux. C’est un problème éminemment politique. Car l’avenir se joue peut-être ici, autour de la Méditerranée. Celle-ci doit probablement redevenir ce qu’elle a toujours été depuis l’Antiquité : un territoire d’échange non pas seulement économique, mais le lieu des idées transversales, une porte vers ces nouveaux mondes. Pointant les passerelles entre les trois civilisations du livre, nous essayerons de comprendre ainsi que ce virtuel n’est que la conséquence finalement de ce qui nourrit toujours ces civilisations ; comment par exemple notre attrait indéniable pour l’immersion n’est peut-être qu’une manière de transgresser des interdits, des modèles (légaux, moraux et donc tout au moins en partie discutables), de contourner des barrières (physiques, politiques…), de franchir (consciemment ou inconsciemment) des systèmes d’ordre ? “L’ordre d’aujourd’hui est le désordre de demain“ nous disait Saint-Just…

*Faire ses humanités signifiait autrefois étudier grec et latin. Fondement de toute éducation classique depuis le XVIe siècle, cet apprentissage non seulement d’une langue et sa grammaire à travers les grands auteurs et l’histoire de l’Antiquité, était prétexte à de nombreuses méditations personnelles, quelques leçons de morale, de philosophie, de politique… Les humanités suggéraient, sinon des modèles, des chemins de pensées. Avec le numérique et même si l’expression semble un peu désuète, c’est peut-être à travers les auteurs anciens, les mythes… que nous devons nous pencher pour envisager l’avenir.